Résultats des AFFD (Ateliers
Francophones sur la Formation Documentaire)
A. Introduction
Depuis mars 1995, les membres
de la la Commission permanente des
bibliothécaires en chef des institutions universitaires francophones
et les directeurs des bibliothèques
universitaires du Nord de la France se sont rencontrés à
plusieurs reprises afin de mettre en place des axes de coopération
entre les bibliothèques francophones belges et les bibliothèques
du Nord de la France. Les "Ateliers Francophones sur la Formation Documentaire"
constituent une des réalisations pratiques de cette coopération.
Les 13 et 14 octobre étaient
réservés à un travail en ateliers auxquels participaient
dix professionnels des bibliothèques, cinq belges et cinq français,
mandatés par leur institution.Le 15 octobre, un colloque ouvert
à tous a rassemblé une centaine de personnes.
Le CIUF (Conseil
Interuniversitaire de la Communauté française de Belgique)
qui a initié et financé partiellement ces AFFD a décidé,
pour favoriser leur diffusion, de financer entièrement les frais
de publication et d'envoi des actes de la journée plénière. La version imprimée est maintenant épuisée. La version électronique est accessible sur ORBi, le dépôt institutionnel de L'ULg.
B. Objectifs des AFFD
Un des objectifs des ateliers
était de concrétiser une plate-forme commune franco-belge
de formation documentaire préparée lors des ateliers des
13 et 14 octobre. Un compte rendu des ateliers et du colloque sera publié
prochainement.
Les thèmes de travail étaient
les suivants :
-
la description des expériences
respectives, repérage des lignes de force communes et des difficultés
communes;
-
les aspects techniques et méthodologiques
de la formation et la définition des champs couverts par la formation;
-
la mise en place d'un plan de
formation documentaire, niveaux de compétences des différents
acteurs;
-
le rôles de la bibliothèque
dans la formation des étudiants;
-
la capacité de s'informer
et d'organiser sa documentation comme facteur de réussite. La prise
en compte de la documentation et son intégration dans le cursus
scolaire et universitaire;
-
la définition d'une plate-forme
commune de travail et d'intervention en formation documentaire.
Les personnes mandatées
pour participer aux ateliers étaient :
-
Colas Alain (sous-direction des
bibliothèques au Ministère de l'Education nationale française)
-
Declève Ghislaine (Bibliothèque
de la faculté de Médecine de l'UCL à Bruxelles)
-
Dorban Michel (Faculté
des Sciences Economique de l'UCL à Louvain-La-Neuve)
-
Fréderic François
(Bibliothèque des Sciences humaines de l'ULB à Bruxelles)
-
Le Men Hervé (Bibliothèque
universitaire de Compiègne)
-
Carette Lucie (Bibliothèque
universitaire de Lille III)
-
Montbrun Françoise (Bibliothèque
universitaire de Picardie à Amiens)
-
Pochet Bernard (Bibliothèque
de la FUSAGx à Gembloux)
-
Roubaud Françoise (Bibliothèque
universitaire d'Artois à Arras)
-
Thirion Paul (Unité de
documentation de psychologie de l'ULg à Liège)
C. Compte-rendu
Après deux jours de travail
intensif en atelier, les dix membres ont rédigé la déclaration
suivante et l'ont exposée à l'ensemble des participants du
colloque.
1. Constats
Trois constats principaux ont
été posés par les participants.
1. 1. Préoccupations communes
Malgré de grandes différences
concernant la taille des bibliothèques et leur domaine d'intervention,
il a fallu constater qu'en ce qui concerne la réflexion sur la formation
documentaire il y avait davantage de préoccupations communes que
de points de divergences.
1. 2. Démarche du bibliothécaire
Selon les participants, la démarche
du bibliothécaire face à l'usager doit idéalement
suivre le schéma et intégrer les trois étapes suivantes
:
-
accueil et information des étudiants
(visites, feuillets d'information, exposés, panneaux d'information,
etc.) ;
-
aide à l'expression des
besoins et à la formulation des demandes (recherche d'information
dans le cadre d'un cours) ;
-
proposition d'une formation documentaire
répondant à ces besoins.
1.3. Définition d'un projet
pédagogique
Le groupe a constaté qu'il
était possible de définir un cadre commun de travail et a
entrepris la définition d'un programme qui puisse servir de base
à toute personne qui souhaite s'engager dans la formation documentaire.
Le groupe a souligne notamment l'importance d'une définition d'un
projet pédagogique avec l'ensemble des partenaires et intervenants
: enseignants, bibliothécaires et étudiants.
Pour définir celui-ci,
le groupe a déterminé un canevas d'objectifs, de méthodologies
et de moyens à mettre en oeuvre. Deux niveaux d'intervention, qui
doivent être précisés dans chaque institution en fonction
du domaine envisagé et du contexte spécifique, ont été
distingués.
2. objectifs, méthodologie,
moyens
2.1. Objectifs
2.1.1. Objectifs de 1er niveau
(durée minimale de 15h, incluant des exercices) :
-
connaissance de l'espace informationnel
;
-
connaissance du fonds et du fonctionnement
de la bibliothèque et d'autres ressources proches (autres bibliothèques
universitaires, bibliothèques publiques, centres de documentation,
etc.) ;
-
contact avec les outils de base
dont le catalogue de la bibliothèque.
La connaissance de ces outils
suppose que soient introduites quelques notions et connaissance au niveau
basique dont :
-
la connaissance des types de documents
: documents primaires et secondaires avec au moins la distinction entre
livres et périodiques et entre catalogue et bibliographie;
-
la connaissance des grands principes
des langages de commande : les opérateurs booléens, les index
et leur interrogation, etc. ;
-
la connaissance des langages documentaires
: les lexiques, thesaurus et plans de classement et les notions de champs
et zones bibliographiques.
Déjà à ce
niveau de formation, l'apprentissage reposera sur l'utilisation d'outils
spécialisés avec un accès à des contenus spécifiques.
2.1.2. Objectifs de 2eme niveau
(durée minimale de 15h + 15h d'exercices) :
A ce niveau, la spécificité
des objectifs et des outils s'accentue encore et va dans le sens d'une
plus grande spécialisation dans la discipline
-
initiation aux outils bibliographiques
spécialisés et critique de ces outils ;
-
initiation à la logique
de la production scientifique (recherche, publication, etc.) et aux acteurs
de l'édition scientifique (auteurs, éditeurs scientifiques,
éditeurs commerciaux, etc.) ;
-
initiation aux modes de production
des documents, modes de citation, etc. ;
-
production de bibliographies par
les étudiants ;
-
travail sur le contenu : synthèse
bibliographique et critique des sources.
Dans ce second niveau apparaît
clairement une limite dans les compétences respectives des acteurs
(enseignants et bibliothécaires). Les participants préconisent
la mise en place d'un véritable partenariat actif entre les uns
et les autres.
Pour atteindre les objectifs
relatifs aux contenus, un enseignement ne peut pas s'organiser sans le
concours d'un enseignant.
Cependant, si un cours, en
rapport avec la bibliographie, existe déjà au sein de l'université,
il convient alors, soit de l'intégrer en partenariat avec l'enseignant,
soit de renvoyer les étudiants vers cet enseignement si aucune collaboration
n'est possible.
2.2. Eléments méthodologiques
2.2.1. Sens de la démarche
de formation : la démarche proposée doit idéalement
être ascendante :
-
partir d'un besoin réel
(la réponse à une question précise ressortissant par
exemple à un cours : "qu'avez-vous sur ...") ;
-
amener l'étudiant à
préciser et définir ce besoin ;
-
apprendre à sélectionner
et utiliser les outils pour y répondre ;
-
dégager les principes et
concepts fondamentaux valables pour tous les outils et ressources documentaires
(transfert).
Le travail par groupes de 30 paraît
être un maximum pour permettre l'expression des besoins individuels
et la réalisation d'exercises pratiques.
2.3. Moyens nécessaires
pour la mise en place de la formation
Aucun des points suivants ne peut
être négligé pour mettre une telle formation sur pied
:
-
Budget : pour l'achat de supports,
consommables et documents divers et la rétribution éventuelle
des formateurs ;
-
Locaux et matériel : l'utilisation
de classes de formation adaptées avec pc sur grand écran
et/ou postes de travail individuels et interconnectés est une nécessité
;
-
Outils didactiques : des didacticiels,
bases de données, manuels, etc. doivent être acquis ou développés
;
-
Temps étudiants : une place
dans la grille horaire souvent très chargée doit être
aménagée ;
-
Ressources humaines : bibliothécaires
et enseignants mais aussi tuteurs.
3. Conclusions
Les conclusions ont essentiellement
porté sur les moyens et les stratégies à mettre en
oeuvre pour généraliser la formation documentaire, voire
la rendre obligatoire
3.1. Outils pédagogiques
:
il convient de :
-
repérer et partager les
moyens existants : recherche d'outils de formation déjà développés
par d'autres ou vendus dans le commerce ;
-
créer de nouveaux moyens
3.2. Communication :
il convient de créer un
espace d'échange :
-
entre bibliothécaires et
enseignants (pour permettre la mise en place d'un véritable partenariat)
;
-
entre bibliothécaires et
bibliothécaires (comme par exemple la liste de discussion EDUDOC,
les différents WWW centrés sur la formation documentaire
et ses outils, des séminaire et des ateliers comme les AFFD, etc.).
3.3. Stratégie de reconnaissance
:
il convient enfin de mettre en
place une stratégie active de reconnaissance vis-à-vis du
corps enseignant et des décideurs afin de faire passer l'idée
que la bibliothèque joue un rôle fondamental au niveau de
l'enseignement et qu'elle a une influence sur la réussite académique.
Le groupe a défini 5 axes stratégiques.
-
Evaluation : par la mesure au
moyen de méthodes statistiques ou qualitatives de l'impact de la
formation documentaire sur :
-
la réussite dans les études
et dans la vie professionnelle ;
-
l'autonomie de l'étudiant
;
-
les méthodes de travail,
-
Marketing : par une politique
de "séduction" et de présence au sein de l'institution ;
-
Stratégie de proximité
: par la mise au point d'un travail avec un ou deux enseignants choisis,
qui pourront ensuite "diffuser" auprès de leurs collègues
l'intérêt de la démarche ;
-
Légitimation par des personnes
reconnues : par des demandes d'intervention de scientifiques et académiques
reconnus ;
-
Officialisation : par une décision
politique ou institutionnelle qui inscrit la formation documentaire dans
un texte officiel.
Tout ceci demande et génère
une modification des habitudes :
-
des étudiants : qui trouvent
à la bibliothèque des outils et un lieu de formation et ne
la considèrent plus comme un simple lieu de conservation ;
-
des enseignants : qui considèrent
alors la bibliothèque comme un véritable instrument de formation
en synergie avec leurs cours ;
-
des bibliothécaires : qui
prennent conscience de leur rôle de formateur et doivent acquérir
des compétences dans ce domaine également.
Ceci nécessite donc une
réelle formation des formateurs.
C'est ce qui a amené les
participants aux ateliers à faire la proposition finale suivante
:
-
que s'organise et se gère
un projet transfrontalier de formation de formateurs des usagers ;
-
qui soit à la fois didactique
et pratique ;
-
sous forme modulaire par stages
ou ateliers ;
-
avec la création de boîtes
à outils pour les formateurs ;
-
dans un délais rapproché
(avant la fin de l'année 1998).
Cette proposition fait un large
appel aux collaborations...
Les AFFD ont été
organisés avec le soutien financier :
-
du CGRI (Commissariat général
aux relations Internationales - Communauté française de Belgique)
;
-
du
CIUF (Conseil Interuniversitaire Francophone - Communauté française
de Belgique);
-
de la société Rank
Xérox.
et la collaboration :
Nous les remercions vivement.