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Lettres d'Information
Etre documentaliste dans une école
L. Schoonbroodt (ISI Huy - Gembloux - Verviers)
"Une mission sans programme ni instructions",
"une mission qui n'apparaît pas dans l'emploi
du temps des élèves", "une mission sans
responsabilité de classes", "un suivi
problématique des élèves", "une activité
indissociable d'un lieu, le CDI" (Centre de
Documentation et d'Information, en Belgique
nous dirions la bibliothèque) : voilà quelques
sous-titres extraits d'un petit ouvrage publié
en France, Guide à l'usage des documentalistes
et de leurs partenaires dans l'établissement,
écrit par Michel POUPELIN et Marie MONTHUS, 125
pages pour mettre en lumière les différentes
facettes de cette fonction de bibliothécaire
telle qu'elle se présente en France, alors
qu'elle est si souvent inexistante dans nos
établissements scolaires belges ou, si elle
existe, si mal connue ou mal perçue.
En effet, pour beaucoup de parents, d'étudiants
(et même d'enseignants !), le bibliothécaire
est encore celui qui range les livres, qui les
prête, qui rédige des rappels et de nouveau
range les livres. "Pour beaucoup de chefs
d'établissements et bien d'autres c'est assez
de savoir quelles sont les heures d'ouverture
du CDI. Quant à connaître la façon dont le
documentaliste les utilise, ou pourrait plus
efficacement les utiliser avec leur concours,
c'est une autre affaire."
Et pourtant, la France par rapport à la
Belgique a le mérite d'avoir inscrit dans un
texte officiel (circulaire du 13 mars 1986) les
missions du documentaliste : outre sa
contribution à l'ouverture de l'établissement
sur le monde extérieur, son rôle pédagogique
est maintenant bien établi. Il doit assurer
"une initiation et une formation des élèves à
la recherche documentaire". Mais pourquoi
faut-il que les jeunes d'aujourd'hui se forment
à la recherche documentaire ? L'école n'est
plus en mesure de faire acquérir, pendant la
durée de la scolarité, toutes les connaissances
qui seront nécessaires à chaque individu durant
sa vie tant privée que professionnelle ; les
mutations des connaissances, des techniques,
des modes de communication sont beaucoup trop
rapides. Les chefs d'entreprises ne peuvent
plus évidemment demander à leur personnel, même
spécialisé, de tout connaître, mais ils peuvent
exiger que ce personnel soit capable de trouver
l'information et puisse faire la synthèse des
connaissances du moment sur un sujet précis. Il
s'agira donc pour l'école d'apprendre à
apprendre : savoir réaliser une recherche
documentaire, connaître et pouvoir utiliser les
nouveaux outils qui permettent l'accès à
l'information (ouvrages, revues, presse,
bibliographies, bases de données, CD-ROM, etc.)
: c'est ici que s'inscrit la tâche pédagogique
du documentaliste. C'est lui le spécialiste de
la science de l'information, c'est lui qui
détient les connaissances techniques dans ce
domaine. Mais s'il est seul, celui-ci ne pourra
mener cette tâche à bien, c'est pourquoi la
circulaire française met l'accent sur
l'indispensable collaboration qui doit
s'établir entre le documentaliste et les
enseignants. Sous peine d'être inefficace, car
sortie d'un contexte d'application pratique, la
recherche documentaire doit nécessairement être
reliée aux autres disciplines enseignées.
L'objectif à atteindre est l'établissement d'un
programme d'actions pédagogiques propre au
centre de documentation et à inclure dans le
programme pédagogique annuel de
l'établissement.
Et en Belgique ? A quand une réflexion de nos
décideurs en matière d'enseignement sur la
place réservée à la documentation dans la
formation de nos jeunes ? Peut-on imaginer que
"la conception du recours à la documentation
soit désormais constitutive de l'acte
pédagogique et que les pédagogues soient
incités à passer un nouveau style d'alliance
avec les supports documentaires ?" On peut
rêver.
A lire par tous ceux qui de près ou de loin se
sentent concernés par l'enseignement :
POUPELIN M., MONTHUS M. [1993]. Guide à l'usage
des documentalistes et de leurs partenaires
dans l'établissement. (Acteurs du système
éducatif). Hachette, Paris, France, 125 p.
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