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 no 6 mai 1995 


Et si...

G. Ducaté, Président du Comité de Gestion

Dans le préambule à un article paru récemment dans le Journal for the Education of the Gifted, W. STEPIEN fait notamment remarquer que "la formation scolaire à la résolution de problèmes prend souvent la forme d'une présentation aux étudiants, de problèmes du style "vérification" à la fin d'une période d'apprentissage. Cette pratique se trouve en contraste profond avec la résolution de problèmes professionnels, où le problème arrive en premier lieu et est le catalyseur de l'investigation et de l'apprentissage" (1).

Ceci doit nous interpeller de manière fondamentale à l'approche des méthodes pédagogiques habituellement pratiquées aux différents niveaux de notre enseignement.

Des activités de classe basées sur la résolution de problèmes présentent pourtant de nombreux avantages.

En effet, à travers celles-ci l'enseignant peut développer - et cela dès le plus jeune âge - des capacités d'autonomie chez ses élèves. S'il existe de nombreuses compétences transversales à faire acquérir à travers la formation scolaire (voir éditorial de la Lettre d'information RéCoDA no 4 de mars 1994), celle de l'autonomie me semble plus importante encore car plus globale. Un élève ne peut faire preuve d'autonomie que s'il peut, face à une situation donnée, démontrer une certaine capacité d'observation, d'analyse, de synthèse et de prise de décision.

Voici ce qui à mon sens peut permettre une méthodologie de la résolution de problèmes. De nombreux chercheurs et enseignants américains, australiens mais aussi - plus près de nous - de France et des Pays-Bas appliquent cette méthode avec succès, à différents niveaux de la formation.

Les situations-problèmes proposées aux élèves doivent en tout premier lieu être le reflet de situations de la vie courante. Elles doivent aussi être construites en intégrant le ou les termes qui induiront la recherche, les éléments qui permettront la consultation du référentiel (recherche alphabétique, table des matières, index, etc.) et des indications sur la manière dont l'information recueillie sera traitée (recopiage, interprétation, analyse, etc.). Elles doivent enfin contenir les compétences notionnelles reprises au programme des cours.

Une méthodologie particulière doit donc être mise en place. Basée essentiellement sur la capacité d'analyse du problème et la structuration de la pensée, elle laisse cependant une large ouverture à l'imagination. Dès que les éléments de l'information ont été rassemblés et qu'il devient nécessaire de les combiner pour trouver une solution au problème posé, l'élève sera amené à développer un schéma opérationnel. En donnant libre cours à ses capacités créatives, il pourra simuler des possibilités de réponses et opérer un choix logique parmi des solutions qui ne lui auront jamais été imposées.

Et si cette formule était une des nouvelles voies pédagogiques à explorer ?

(1) STEPIEN W.J., GALLACHER S.A., WORKMAN D. [1993]. Problem-Based Learning for Traditional and Interdisciplinarity Classrooms. Journal for the Education of the Gifted 16 (4), 338-357.

 

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