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Lettres d'Information
Et si...
G. Ducaté, Président du Comité de Gestion
Dans le préambule à un article paru récemment
dans le Journal for the Education of the
Gifted, W. STEPIEN fait notamment remarquer que
"la formation scolaire à la résolution de
problèmes prend souvent la forme d'une
présentation aux étudiants, de problèmes du
style "vérification" à la fin d'une période
d'apprentissage. Cette pratique se trouve en
contraste profond avec la résolution de
problèmes professionnels, où le problème arrive
en premier lieu et est le catalyseur de
l'investigation et de l'apprentissage" (1).
Ceci doit nous interpeller de manière
fondamentale à l'approche des méthodes
pédagogiques habituellement pratiquées aux
différents niveaux de notre enseignement.
Des activités de classe basées sur la
résolution de problèmes présentent pourtant de
nombreux avantages.
En effet, à travers celles-ci l'enseignant peut
développer - et cela dès le plus jeune âge - des
capacités d'autonomie chez ses élèves. S'il
existe de nombreuses compétences transversales
à faire acquérir à travers la formation
scolaire (voir éditorial de la Lettre
d'information RéCoDA no 4 de mars 1994), celle de
l'autonomie me semble plus importante encore
car plus globale. Un élève ne peut faire preuve
d'autonomie que s'il peut, face à une situation
donnée, démontrer une certaine capacité
d'observation, d'analyse, de synthèse et de
prise de décision.
Voici ce qui à mon sens peut permettre une
méthodologie de la résolution de problèmes. De
nombreux chercheurs et enseignants américains,
australiens mais aussi - plus près de nous - de
France et des Pays-Bas appliquent cette méthode
avec succès, à différents niveaux de la
formation.
Les situations-problèmes proposées aux élèves
doivent en tout premier lieu être le reflet de
situations de la vie courante. Elles doivent
aussi être construites en intégrant le ou les
termes qui induiront la recherche, les éléments
qui permettront la consultation du référentiel
(recherche alphabétique, table des matières,
index, etc.) et des indications sur la manière
dont l'information recueillie sera traitée
(recopiage, interprétation, analyse, etc.).
Elles doivent enfin contenir les compétences
notionnelles reprises au programme des cours.
Une méthodologie particulière doit donc être
mise en place. Basée essentiellement sur la
capacité d'analyse du problème et la
structuration de la pensée, elle laisse
cependant une large ouverture à l'imagination.
Dès que les éléments de l'information ont été
rassemblés et qu'il devient nécessaire de les
combiner pour trouver une solution au problème
posé, l'élève sera amené à développer un schéma
opérationnel. En donnant libre cours à ses
capacités créatives, il pourra simuler des
possibilités de réponses et opérer un choix
logique parmi des solutions qui ne lui auront
jamais été imposées.
Et si cette formule était une des nouvelles
voies pédagogiques à explorer ?
(1) STEPIEN W.J., GALLACHER S.A., WORKMAN D.
[1993]. Problem-Based Learning for Traditional
and Interdisciplinarity Classrooms. Journal for
the Education of the Gifted 16 (4), 338-357.