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Lettres d'Information
Editorial
G. Ducaté, Président du Comité de Gestion
"... Si je me remémore les professeurs
d'humanité que j'ai eus il y a une cinquantaine
d'années, pratique ment aucun n'était
spécialiste d'une discipline, et ils auraient
été fort étonnés si on leur avait dit qu'ils
étaient là pour enseigner une "matière". Ils
auraient répondu assez nettement qu'ils étaient
là pour former des jeunes et non pour faire
passer des contenus...", "La capacité à
utiliser une encyclopédie est quelque chose qui
peut se mesurer aussi objectivement que celle
de résoudre une équation du second degré. Mais
on est habitué à évaluer des choses supposées
plus simples à mesurer : résoudre une équation
ou pas, connaître la date du couronnement de
Charlemagne ou ne pas la connaître...".
C'est en termes semblables que Gérard Fourez
répondait récemment aux questions de Christian
Lannoye, [Le Ligueur, 12 octobre 1994, no 40, p.
1-2] à propos de la réforme de l'enseignement
secondaire entamée sous le ministre d'Elio Di
Rupo et pour suivie par le Ministre Philippe
Mahoux.
Les changements de mentalité que cette réforme
implique de la part de tous les acteurs de
l'éducation (parents, enseignés, enseignants et
administratifs et politiques) vont bien au delà
des actuelles préoccupations de chacun d'eux.
Ils visent en réalité à replacer le système
éducatif dans l'objectif dont il n'aurait
jamais dû s'écarter : celui de faire accéder
les individus à un maximum d'autonomie à
l'issue de leur formation.
Cette réforme du secondaire se double à présent
d'une restructuration e l'enseignement
supérieur qui vise à mieux former les étudiants
tout en introduisant une gestion restrictive
des charges financières. Moins encadrés que
naguère, tant les élèves du secondaire que les
étudiants du supérieur devront nécessairement
faire preuve d'une autonomie croissante pour en
arriver à une véritable auto-formation. Ces
objectifs requièrent une grande cohérence des
décisions prises dans les divers départements
de l'éducation, et en particulier de mettre
chacun d'accord sur la nécessité de développer
pour tous l'accès à l'information. Si les
réformes du secondaire et du supérieur
répondent à des nécessités budgétaires,
certains y trouvent aussi des avantages
pédagogiques indéniables. L'"automatisation"
des étudiants n'étant pas le moindre. Ces
réformes risquent cependant d'être rapidement
caduques si elles ne sont pas assorties de
mesures d'accompagnement adéquates.
En décidant et stimulant notamment, la
restauration dans chaque établissement d'une
bibliothèque ou d'un centre de documentation
facilement accessible et géré à temps plein par
du personnel compétent, les Exécutifs de la
Communauté française démontreraient
l'interdépendance de leurs projets respectifs
et leur adéquation à un projet de société dont
chacun ressent la nécessité.