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 no 5 octobre 1994 


Editorial

G. Ducaté, Président du Comité de Gestion

"... Si je me remémore les professeurs d'humanité que j'ai eus il y a une cinquantaine d'années, pratique ment aucun n'était spécialiste d'une discipline, et ils auraient été fort étonnés si on leur avait dit qu'ils étaient là pour enseigner une "matière". Ils auraient répondu assez nettement qu'ils étaient là pour former des jeunes et non pour faire passer des contenus...", "La capacité à utiliser une encyclopédie est quelque chose qui peut se mesurer aussi objectivement que celle de résoudre une équation du second degré. Mais on est habitué à évaluer des choses supposées plus simples à mesurer : résoudre une équation ou pas, connaître la date du couronnement de Charlemagne ou ne pas la connaître...".

C'est en termes semblables que Gérard Fourez répondait récemment aux questions de Christian Lannoye, [Le Ligueur, 12 octobre 1994, no 40, p. 1-2] à propos de la réforme de l'enseignement secondaire entamée sous le ministre d'Elio Di Rupo et pour suivie par le Ministre Philippe Mahoux.

Les changements de mentalité que cette réforme implique de la part de tous les acteurs de l'éducation (parents, enseignés, enseignants et administratifs et politiques) vont bien au delà des actuelles préoccupations de chacun d'eux. Ils visent en réalité à replacer le système éducatif dans l'objectif dont il n'aurait jamais dû s'écarter : celui de faire accéder les individus à un maximum d'autonomie à l'issue de leur formation.

Cette réforme du secondaire se double à présent d'une restructuration e l'enseignement supérieur qui vise à mieux former les étudiants tout en introduisant une gestion restrictive des charges financières. Moins encadrés que naguère, tant les élèves du secondaire que les étudiants du supérieur devront nécessairement faire preuve d'une autonomie croissante pour en arriver à une véritable auto-formation. Ces objectifs requièrent une grande cohérence des décisions prises dans les divers départements de l'éducation, et en particulier de mettre chacun d'accord sur la nécessité de développer pour tous l'accès à l'information. Si les réformes du secondaire et du supérieur répondent à des nécessités budgétaires, certains y trouvent aussi des avantages pédagogiques indéniables. L'"automatisation" des étudiants n'étant pas le moindre. Ces réformes risquent cependant d'être rapidement caduques si elles ne sont pas assorties de mesures d'accompagnement adéquates.

En décidant et stimulant notamment, la restauration dans chaque établissement d'une bibliothèque ou d'un centre de documentation facilement accessible et géré à temps plein par du personnel compétent, les Exécutifs de la Communauté française démontreraient l'interdépendance de leurs projets respectifs et leur adéquation à un projet de société dont chacun ressent la nécessité.

 

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